Description
La Naissance – le musée dit que le motif chrétien n’est pas de la piété
Sur la moitié inférieure de la toile, une femme est étendue sur une couche jaune clair, la tête à gauche et les yeux fermés ; sur les hanches, elle a une étoffe bleu foncé à décor jaune, et derrière la tête un pâle halo jaune. Derrière elle est assise une figure en robe blanche et coiffe sombre, qui tient sur ses genoux un enfant, lui aussi nimbé. Au-dessus d’eux se tient une figure en vêtement bleu violet à col blanc. Une poutre rouge coupe le milieu à la verticale. À droite s’ouvre une étable sombre avec une vache brune et un animal clair couché. Au bord gauche, une bande décorative bigarrée. En bas à gauche, la signature et l’année sont peintes sur la toile. L’œuvre est conservée à la Neue Pinakothek de Munich sous le numéro d’inventaire 8652 ; elle date de 1896.
Le musée dit expressément ce que cette scène n’est pas
La notice du musée fait ici quelque chose d’inhabituel : elle explique comment on ne doit pas comprendre la scène chrétienne peinte. L’ange, l’intérieur de l’étable et les nimbes de la mère et de l’enfant sont, selon la notice, des moyens qui donnent à la scène un sens chrétien. Mais l’allusion à la naissance dans l’étable de Bethléem ne s’explique, selon le musée, ni par la piété du peintre ni par une éventuelle intention de familiariser la population locale avec la doctrine chrétienne. Il s’agit d’un procédé d’intensification du sens déjà éprouvé, auquel le peintre a eu recours plusieurs fois.
Ce que dit encore la notice du musée
La notice rapproche la scène d’une expérience personnelle : fin 1896, la Tahitienne qui vivait avec lui mit au monde un enfant qui mourut au bout de quelques jours. La figure à la coiffe sombre, la notice la nomme nourrice et ajoute que son aspect est très proche des représentations de l’esprit des morts à Tahiti. L’enfant est enlevé à la mère et confié à l’ange. C’est la lecture du musée et nous la rapportons comme telle.
Deux sources indépendantes sur la même toile
Deux notices distinctes confirment les données de l’œuvre. Le musée donne la dimension 96 x 131,1 cm et, comme support, une grosse toile de sac. Le catalogue Wildenstein inscrit l’œuvre sous le numéro W541, donne la même année et la même dimension et, comme support, également une grosse toile ; en plus du titre tahitien, il note aussi un titre français, L’Enfant de Dieu. Les deux notices concordent donc.
Comment la toile est arrivée à Munich
Le musée indique aussi le parcours : l’œuvre a été acquise en 1912 par don d’Eduard Arnhold et de Robert von Mendelssohn, dans le cadre de la donation Tschudi. Elle n’a donc pas été achetée mais offerte, et cela bien quinze ans après sa création.
Peint à la main, touche après touche
Chez nous, les tableaux à l’huile sur toile sont réalisés exclusivement à la main, touche après touche. Sur ce motif, le plus exigeant est la couche jaune : c’est la plus grande plage claire de la toile et elle doit rester chaude, non un jaune nu, sinon la figure couchée perd son poids. Avant l’expédition, vous recevez une photo de l’œuvre terminée à valider. Chez nous, un tableau à l’huile sur toile est toujours peint à neuf et jamais imprimé.
- Motif : femme couchée sur une couche jaune, derrière elle une figure avec un enfant et une étable.
- Technique : huile sur grosse toile, plage jaune sous le fond sombre.
- Dimensions : format horizontal, de 40 x 30 cm à 200 x 150 cm ; les plus choisies sont 80 x 60 cm et 100 x 75 cm.
- À savoir : d’après le catalogue Wildenstein, l’œuvre porte aussi un titre français.
De ces mêmes années tahitiennes, voyez aussi Ia orana Maria, Te arii vahine (La Femme royale) et Mata mua (Autrefois). Le musée indique la dimension en hauteur par largeur : 96 x 131,1 cm.









































